vendredi 29 juin 2012

Fête des fées et de l'été

 La veille de la nuit du solstice d'été, les enfants ont déposés dans le jardin des fées un petit gâteau, et aussi des pétales de fleurs.

Pendant la nuit, les parents se sont réveillés... et entendus des murmures, des petits rires. Nous avons regardés dehors, et nous avons aperçus des lueurs... Nous avons réveillés les enfants.

 
Que d'excitation! Que de fébrilité!
Les petits yeux encore tout endormis essayant de voir, au travers des fenêtres, la magie se déroulant à l'extérieur... mais attention! Ne faites pas de bruit! Il ne faut pas les déranger! :-)
Et les petits feux de la St-Jean, bien minuscules, crépitaient à différents endroits de la cour...

«Je pense que j'en ai vu une!»
Nous sommes retournés nous coucher.



Le lendemain matin...

Les plus jeunes se sont précipitées dehors à grande course et pieds nus, cheveux fous fous et de pyjamas vêtus!





Des ballons avaient apparus!
Et le même, celui aquarelle, qui s'était mystérieusement volatilisé l'été passé.

«C'était donc elles!»


«Regarde dans le jardin! De la poudre de fée!»

«Je vois une bougie!»

«Vite allons voir le coin des fées...»



«Elles ont fait un feu ici! Je vois des branches brûlées!»


Des pierres précieuses, des pétales de fleurs, des petites tasses, des petits bancs de bois, la table avait été dressée, on le suppose, pour accueillir un merveilleux festin!





Ici on voit la maison des fées, laquelle fut recouverte, pendant la nuit, d'épais feuillages et de fleurs d'été. Seule, minuscule, une petite ouverture en son centre permettaient aux enfants d'espérer voir à l'intérieur. On peut voir aussi un petit jeu installé aux côtés avec des boules colorées.


Ici on voit la maison des fées, laquelle fut recouverte, pendant la nuit, d'épais feuillages et de fleurs d'été. Seule, minuscule, une petite ouverture en son centre permettaient aux enfants d'espérer voir à l'intérieur.

                                        «Peut-être que les fées sont encore couchées dedans?»

 

Mystérieusement, les roses de ces rosiers ouvrent toujours en même temps que l'arrivée de l'été, et des fées.






Nous bricolons des couronnes d'été.


Soupe rosée comme entrée!


Sandwich au poulet ultra-spéciaux pour une fête unique!


Bricolage de champignons photophores pour nos fenêtres d'été!















mardi 19 juin 2012

Fête des fées et de l'été (préparation)




Cette fête ce veut une hymne au soleil, une fête de la joie, une célébration de la vie qui pousse et vibre tout autour de nous. Bien que je ne sois vraiment pas tant porté sur la fée clochette et autres personnages de télé, les fées sont pourtant une représentation magique et ludique de la vie et de la nature... 

Les filles déposent des coquilles d'huîtres en guise de petits lits pour accueillir les fées dans la petite maison d'écorces réservée pour les fées au fond du jardin.
 
En vue de cette vocation, l'image de la fée n'est pas nourrie en tant que tel. Le moins possible d'images visuelles, le moins possible de suggestions.  C'est plutôt à l'âme de vos petits et à leurs coeurs que je m'adresse en leur racontant l'histoire de la nature, l'histoire de la vie.
C'est leur travail bien précieux et bien personnel que d'imaginer comment elles peuvent être, de quoi elles peuvent avoir l'air, comment elles doivent faire les choses. Et d'où viennent les fleurs, et d'où viennent les arbres, d'où vient la vie!


Et c'est avec une douce curiosité que je les invite à percevoir les jardins, les forêts, les bois, et les différents éléments de la nature. 


Les enfants ont préparé de la soupe aux pissenlits!


Ainsi les fées de l'eau parlent de marais, d'étangs, et de grenouilles...
Les fées des bois sont timides, aiment se cacher sous les feuilles mortes, grimper aux arbres et sauter dans les flaques.
Les fées des jardins s'occupent de faire pousser les fleurs et les légumes... s'arrêtant un peu partout pour gambader et faire des tours de magie. 



Le travail des fées est celui si essentiel d'inciter les enfants, par leur délicate magie, à se pencher au dessus des jardins, à regarder ce qui pousse dans les mousses des rochers, à observer les petits trous des arbres, à humer le parfum des fleurs, à soulever les pierres pour y découvrir ce qui s'y cache, à rechercher ce qui y vit, ce qui y scintilles... Elles leur offre la possibilité de vivre, de ressentir et d'imaginer... merveilleuse prémisse aux apprentissages à venir. Une fondation sur laquelle l'être grandit et se construit.

Un bouton de pivoine... le tout premier.
Assis dans le petit jardin des fées (entouré de rosiers sauvages dont les fleurs commencent à s'ouvrir)
 
Après le passage des fées, il n'est pas rare de voir les enfants s'approcher des plantes particulières en disant qu'il y a de la poudre de fées sur leur feuillage, même si ce n'est pas réellement vrai... Cette que cette fête des fées les rapproche de la nature, les conscientise à son merveilleux mais avec le langage de l'enfance, avec ce sens propre à l'enfant qui le touche et lui parle sans détours. 







Donc voilà...
Je vous invite chaleureusement à déposer de la poudre de fées sur les recoins fabuleux de vos jardins, sur quelques feuilles, là où vous souhaitez que s'opère la magie, là où vous souhaitez que les yeux de vos petits s'allument et s'émerveillent.
Le secret est de ne pas en dire trop, de laisser planer les enfants dans ce doux sentiment de sécurité et de réconfort...
«... le monde et la nature qui m'entoure est un lieu de beauté et de bonté où il fait bon de découvrir, d'imaginer et de rêver...»




N'oubliez pas que la véritable fête des fées a lieu la nuit, car les fées sont très timides, et nocturnes. Cette nuit spéciale de l'année qui accueille la venue de l'été. Parfois les fées peuvent laisser des traces.  Si la magie vous inspire, pensez à déposer quelques petits trésors sur le rebords des fenêtres pour elles, ou encore d'organiser un petit coin spécial pour elles... des fois qu'elles passeraient par là! :-)

Et surtout, amusez-vous, la vie est faite pour s'amuser!


Voici des photos prises lors de l'excursion à la montagne pour aller faire envoler notre petite invitation aux fées, qui habitent derrière les nuages... Il y avait une surprise de taille en haut de la montagne! Des panneaux d'indications ont fait marché les enfants dans tous les sens pendant une bonne heure avant de trouver enfin l'endroit parfait pour faire envoler les ballons!






















Une fois l'enfance envolée, nous dédions tellement de temps à comprendre le pourquoi rationnel de la vie.
Nous offrons un cadeau fabuleux aux enfants que de leur permettre de vivre pleinement cette enfance dans la beauté, la créativité et le merveilleux, car ensuite, cela viendra peindre en couleurs fabuleuses tous les tableaux de leur existence, puisque la palette de couleurs, elle sera à l'intérieur d'eux. :-)











dimanche 15 avril 2012

L'heure précieuse du conte et la vertu de la répétition.

Tiré de «Spring» de Gerda Muller, regardé présentement avec les enfants.

À tous les jour, je lis aux enfants. 
Nous lisons toutes sortes d'ouvrages, certains documents pour approfondir nos connaissances sur les saisons, la météo, l'environnement. Des albums sur la nature, les animaux et leurs diverses activités selon les saisons. De la poésie, douce et fluide, limpide et remplie de charme. Des livres drôles, pour apprendre de nouvelles chansons, pour cuisiner de nouvelles recettes, des livres beaux, pour leurs images remplies d'inspirations. Des livres d'histoires fabuleuses. Et des contes. Beaucoup de contes. J'adore les contes, pour lesquels j'éprouve une fascination et une dévotion grandiose depuis que j'ai découvert avec surprise et joie ce qu'ils pouvaient opérer chez les enfants pendant mes nombreuses années de professeure d'école à la maison chez moi puis, ensuite, auprès de mes touts-petits chéris de la garderie. Les contes font grandir l'âme et nourrissent le coeur des enfants avec un langage qui leur est étonnamment accessible.

Tiré de «Le vilain petit canard» lu actuellement.


Un conte spécial est lu aux enfants, donc, et ce à tous les jours.
Nous conservons le même conte assez longtemps, souvent plus d'une semaine. Je relis donc le même conte à tous les jours, autour du même rituel avant le dodo de l'après-midi. Si vous ne l'avez jamais essayé, je vous conseille chaleureusement d'essayer la formule! 

Le premier jour, l'histoire est toute nouvelle. Les enfants sont curieux, ils remarquent plus les images que le texte comme tel. Parfois même ils s'agitent un peu, pas toujours complètement à l'écoute. Le deuxième jour, déjà les enfants démontrent un peu plus de plaisir, et davantage de concentration. Ils se souviennent de l'histoire, mais globalement. Ils veulent toujours plus l'écouter le deuxième jour que le premier, à l'étonnement des adultes. Et on relit, toujours de la même manière, le troisième jour. Il ne faut rien changer. Les enfants vont protester! On conserve le même débit, la même intonation. Les mêmes jeux de voix. Les oreilles des enfants s'affûtent, s'affinent. La concentration des enfants augmente à mesure qu'ils «vivent» l'histoire, qu'ils la «ressentent». Qu'ils «plongent» dedans.

Quatrième jour, le plaisir augmente encore, et il s'agit d'un plaisir partagé: pour le raconteur l'histoire prend de la vie et devient encore plus naturelle et colorée.
Puis on continue, tant et aussi longtemps que les enfants se nourrissent de l'histoire. 

Les jours passent, ils anticipent les moments forts, les moments drôles, les émotions des personnages, les péripéties. Ils saisissent des sens plus profonds. Ils en viennent même qu'à découvrir de manière tout à fait autonome le sens particulier de certains mots de vocabulaires utilisés dans l'histoire, parce qu'à force de revivre l'histoire, ils la comprennent de plus en plus.

N'avez-vous jamais remarqués comment vos enfants aime que les choses ne changent pas? Ils adorent que les choses restent les même, car ils ont un profond besoin du sentiment de sécurité et de compétence que leur procure la répétition. 


R-L lit un conte à ses amis... sur les traces de sa maman :-)


La répétition permet d'accéder à des apprentissages plus subtils et plus délicats que les expériences vécus en mode «aléatoire». Bien qu'une multitude d'expériences variées soit essentielle au développement harmonieux de l'enfant, celles-ci qui ne doivent pas composer son seul menu.  Les bienfaits de la répétition chez le jeune enfant sont si importants, développant l'écoute et l'attention d'une manière unique, renforçant son sentiment de compétence, de savoir et de comprendre. Dans la répétition l'enfant se retrouve, se reconnait, se réconforte. 

En lien avec la lecture des contes, la répétition permet de vivre les histoires «intérieurement» et de se les approprier, cela vaut beaucoup plus qu'un simple divertissement. Cela permet de développer chez les petits une autre vertu fort précieuse: le plaisir que procure les choses faites lentement et conséquemment. Cela permet aux histoires de pouvoir laisser une empreinte bien plus grande à l'intérieur de l'âme et du coeur des enfants. 


Bien sûr, vous comprendrez maintenant l'importance capitale du choix des histoires en question. 


Quels messages souhaitent-t-on passer?
De quelle couleur voulons nous baigner l'état intérieur de nos petits?
De quoi voulons-nous les inspirer? 

Tiré de «L'érablière de mon grand-père», lu actuellement :-)


Les histoires que je choisis pour les enfants en vue de cette heure du conte quotidienne (parce que les livres abondent également dans ma maison et que les enfants ont en permanence accès à toutes sortes de livres) sont toujours en lien avec la saison, connectée à la lumière de ce qui se vit à la garderie et dans la vie à la maison. 

Cette connexité entre les moments, les expériences, les découvertes, les activités manuelles, les chants, les exercices de motricité et l'heure du conte, par exemple, solidifie l'enfant en lui assurant que ce qui gravite autour de lui fait du sens, est bien ancré, bien enraciné. Cela lui laisse alors toute la liberté de s'épanouir et de grandir et ce, en toute confiance envers la vie qui le porte et le supporte. La connexité permet également de fortifier et de concentrer l'esprit et développe chez l'enfant cette faculté qui lui sera fortement importante dans ses défis futurs...



Je choisis donc les histoires avec une grande précaution pour leur contenu visuel tout autant que littéraire. Des illustrations jolies et naturelles dessinées ou peintes à la main, des personnages simples auxquels les enfants s'identifient et s'attachent, des péripéties qui leur «parle», des choses de la vie sans extravagance mais toujours avec poésie, charme et fantaisie et avec une beauté dans les mots choisis, avec un rythme (de lecture, comme par exemple la répétition d'un ver, d'une phrase, d'une action d'un personnage au travers du fil de l'histoire. Cela est toujours bénéfique à l'âme et à l'oreille de l'enfant et c'est très agréable à raconter pour le conteur aussi).

Image du mois «d'avril» tirée de notre livre de poésie naturelle intitulé «La ronde des saisons» de Elsa Beskow, auteure suédoise fabuleuse dont les livres sont publiés depuis plus de 100 ans maintenant. J'utilise ce livre quotidiennement avec les enfants comme une source d'inspiration pour le cercle du matin et pour l'observation juste de la nature qu'il propose.

Lire aux enfants des textes de qualité littéraire est aussi un fabuleux cadeau à leur faire. Je n'entend pas par là des livres remplis de mots incompréhensibles, mais des écrits de bonne qualité, avec une richesse dans le style, dans le choix des mots, dans le sens, dans la manière de dérouler le conte, l'histoire.  
Habituer les enfants à cette écoute précieuse leur donne de plus une base solide et garnie pour leurs apprentissages futurs en lecture et en écriture, puisqu'elle aura su les baigner et les illuminer, les charmer et les attendrir, les émerveiller... Parce qu'elle les aura profondément touché et qu'elle laissera une empreinte des mots en eux, empreinte qui constituera une merveilleuse fondation pour leurs apprentissages à venir.
 
Image du conte «La petite tulipe rose» lu vraiment souvent depuis l'arrivée du printemps, un des favoris des enfants de la garderie. Demandez-leur de vous la raconter, vous serez surpris!!

Tiré de «Une surprise pour Pâques», magnifique livre, histoire sobre et magique en même temps.

idem. Sur ce dessin, on y voit la solidarité de tout le village pour venir en aide au lapin qui avait perdu ses oeufs.